Mali: La classe politique pèse trop lourd sur le dos du contribuable malien 2


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Le panafricaniste Issa Balla Moussa Sangaré

 

Le Mali, un pays malade de partout s’achète un nouvel avion présidentiel alors que le Malawi, un pays en meilleure santé revend le sien

Comparaison n’est pas raison, pendant qu’on assistait au Mali à l’achat d’un nouvel avion présidentiel à un coût de revient de 20 milliards de F CFA, de l’autre côté au Malawi, la présidente malawite, Joyce Banda décida de revendre le jet présidentiel acquis par son prédécesseur au prix de vente 15 millions de dollars. Dans son article ‘Le Malawi a vendu le jet présidentiel pour l’achat de maïs’ le magazine Jeuneafrique, nous relate la raison suivante c’est: « pour aider à nourrir les populations les plus pauvres et cultiver des légumes afin de combattre la malnutrition ». Contrairement au Malawi, le Mali sortait d’une crise socio-politique sans précèdent : le putsch militaire de 22 mars 2012, la partition du pays entre le Nord et le Sud par les rebelles et leurs acolytes djihadistes qui avaient pris le contrôle des 2/3 du territoire malien. Il faut également dire que nos gouvernants actuels ne rataient pas d’occasion pour nous dire qu’ils ont trouvé les caisses de l’Etat vides, mais qu’à cela ne tienne, en plus d’un premier avion acheté par son prédécesseur, le président IBK acquit un second jet présidentiel, pourquoi faire quoi étant donné le premier était en état d’assurer ses déplacements. A l’heure où j’écris ces quelques lignes, nous ne connaissons point le sort du premier avion, a-t-il été vendu ? Sa maintenance est-elle assurée ? Son assurance a-t-elle été renouvelée ? Est-il déjà considéré comme une épave tant de questions sans réponse.

Le Mali rehausse les émoluments de ses députés, le Burkina diminue pour les siens de 19%

Comme susmentionné, comparaison n’est pas raison, le Burkina Faso, qui a subit une crise doublement moins grave que celle du Mali, vient de diminuer le salaire de ses parlementaires. Le 19 janvier 2016, les élus du pays des hommes intègres ont décidé de rabattre  leurs émoluments de 19%, ils toucheront désormais mensuellement 960 397 francs CFA et d’après le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Bénéwendé Sankara : « C’est leur effort à la solidarité nationale». Comme si on vivait sous deux cieux différents, le Mali contrairement au Burkina qui est, d’ailleurs, sous perfusion financière dans les tous sens et sous tous les angles décida de réviser à la hausse les émoluments des députés et cela du président de l’Assemblée Nationale (AN) au questeur en passant par le député simple. Le site d’information en ligne Malijet, dans sa publication « Connaissez-vous désormais le salaire honorables députés ? » nous fait savoir que l’émolument mensuel du président de l’AN est 37 500 000F CFA contre 26 600 000F CFA pour la législature précédente, et celle du président des groupes parlementaires est 2 650 000F CFA contre 1 950 000F CFA pour la législature passée. Cela se comprend pourquoi tout le monde veut devenir politicien.

 Le statut du chef de file de l’opposition, une charge supplémentaire pour le budget annuel de l’Etat

« Le plus difficile pour un politicien c’est d’avoir la mémoire qu’il faut pour se rappeler de ce qu’il ne faut pas dire » nous disait Coluche

Lorsque les partis de l’opposition malienne manifestaient sur tous les toits le désir d’un statut pour eux, personnellement j’ai cru qu’au Mali qu’il n’y eut jamais existé un statut légal pour les partis de l’opposition.  Bien au contraire car c’est depuis Le 18 juin 2000 pendant le pouvoir du président Alpha Oumar Konaté, que l’Assemblée nationale du Mali avait délibéré et adopté en sa séance la loi n°00-047 du 13 juillet 2000 portant statut des partis politiques de l’opposition en République du Mali. C’est ici que les propos de Coluche susvisés prennent tous leur sens, l’opposition a eu la mémoire qu’il faut pour ne jamais dire à la population que leur lutte pour le statut n’était motivée que pour les raisons pécuniaires. En effet, le nouveau statut rend notre Etat encore plus budgétivore. Selon le statut révisé : « Le chef de l’opposition est assimilé au 1er vice-président de l’Assemblée nationale. (…) Les crédits nécessaires à la prise en charge du chef de l’opposition et de son cabinet sont inscrits au budget de l’Etat. » Le Décret n°2016-…P-RM du … fixant les avantages accordés au Chef de File de l’Opposition en son article 2 nous stipule : « Dans l’exercice de ses fonctions, le Chef de File de l’Opposition Politique bénéficie des avantages accordés aux ministres en fonction », comme si son statut de député ne suffit pas. Quant à l’article 3, il nous révèle : «  Le Chef de File de l’Opposition Politique dispose d’un cabinet composé comme suit : quatre (04) assistants ; un attaché de cabinet ; un secrétaire particulier »,tout ce beau monde pourquoi faire ? Mieux encore l’article 5 nous relate : « Les collaborateurs du Chef de File de l’Opposition Politique bénéficient des avantages accordés aux membres des cabinets ministériels »

Rappelons de passage qu’une marge non négligeable du budget national est aussi accordée annuellement aux politiques. La loi N°05-047 du 18 août 2005 portant Charte des partis politiques en République du Mali stipule : qu’une aide financière à hauteur de 0, 25 % des recettes fiscales du pays soit versée annuellement aux partis politiques par l’Etat.

Est-ce ça notre démocratie? Les ressources de l’Etat sont utilisées par la classe politique comme une vache laitière à leur seul profit.

L’augmentation du budget de la présidence, malgré que le pays ne vive de que de dons, de subventions, d’aides…

« Un Etat quémandeur et budgétivore à la fois, quelle contradiction ! » 

Dans sa publication du 12 octobre 2015 ‘Présidence de la République : Le budget passe de 9 à plus de 14 milliards FCFA’ le site d’information en ligne maliweb, nous informe que : « le 1er budget préparé par l’administration IBK  a affecté à la présidence de la République la somme de 9 milliards 300 millions de francs CFA pour 2014. En 2015, ce budget a été porté à 14 milliards 600 millions, soit une augmentation de 57%. »

Un Etat quémandeur et budgétivore à la fois, trop d’incohérence,  l’on se rappelle tous de la levée de fonds de Bruxelles au nom du Mali par le biais des soi-disant amis du Mali : la communauté internationale avec à sa tête la France, des 1000 milliards soi-disant promu par la Chine … j’en oublie.  En outre, nous ne faisons pas un seul trimestre sans contempler au journal télévisé de 20h la signature de l’octroi d’un don ou d’un prêt entre le Mali et une institution financière internationale ou d’un pays du Nord, comme une relation de cause à effet, plus notre pays reçoit des dons et prêts, plus les dépenses de l’Etat augmentent.

Indemnité pour les Premiers Ministres

Dans son livre ‘la philosophie de Confucius’ page 67, Confucius nous dit : «  Les richesses et les honneurs sont très ambitionnés des hommes ; si vous ne pouvez les obtenir par des voies honnêtes, ne les acceptez pas. La pauvreté et l’abjection sont en horreur aux hommes, si elles vous viennent, même sans aucune faute de votre part, ne le fuyez pas. »

Avec tous les respects que nous devons aux anciens PM, de Modibo Keïta qui fut le premier président du gouvernement du Soudan le Mali d’alors à l’actuel PM à un autre Modibo Keïta,  nous pensons cette faveur d’indemnités est trop élevée et ne saurait être justifiée en cette période difficile où l’existence même du pays est en danger. Ces anciens PM sans douter de leur engagement, ne saurait adhérer à une telle une folie gouvernementale doit tout simplement être récusée par eux. Malijet nous raconte que le 6 janvier 2016 lors du conseil des ministres à Koulouba, que le président  IBK a fait une communication orale, proposant une indemnité mensuelle de 2 millions de FCFA à tous les Premiers ministres vivants, soit treize (13) au total pour un pactole de presque 4 milliards de FCFA.

Conclusion

Le panafricaniste Dr Kwame N’Krumah, dans son livre ‘l’Afrique doit s’unir page 157’, nous dit : « L’Afrique a besoin d’un nouveau type de citoyen, dévoué, modeste, honnête et bien informé, qui renonce à lui-même pour servir la nation et l’humanité, qui ait la convoitise en horreur et déteste la vanité. Un homme nouveau, dont la force soit l’humanité et la grandeur, l’intégrité ». C’est ce type de citoyen, de classe politique, de dirigeants que le Mali a besoin, c’est-à-dire un Malien Kura (nouveau malien) d’une nouvelle espèce qui va servir l’état et au lieu de se servir de l’état, qui ne va pas faire la politique pour s’enrichir sur le dos contribuable malien. Un nouveau citoyen qui ne verra pas l’état comme la seule vache à lait pour s’enrichir de manière licite et illicite. Une nouvelle classe politique qui fera de l’amélioration de la condition vie du corps professoral, de la blouse blanche et des paysans son combat de tous les jours. Une classe politique qui se ne ménagera rien pour l’amélioration des conditions de travail des porteurs d’uniforme, des conditions de vie des veuves militaires. Des dirigeants qui feront la construction et l’équipement des hôpitaux, des écoles, des centres de formations d’alphabétisation les premières points de leur agenda à couvrir avant de s’octroyer des avantages colossaux, des gouvernants qui penseront d’abord à l’électrification et l’adduction d’eau potable pour amoindrir la corvée quotidienne de nos mères, de nos sœurs et de nos enfants dans les zones rurales.

Redevenons les maliens d’antan, ce malien reconnu à l’échelle internationale comme un citoyen jaloux de la chose publique, un leader orgueilleux de sa réputation et de sa fierté, une classe politique dévouée pour la cause des plus démunis, des sans voix et pour la construction du Faso (notre pays) à l’image des premiers dirigeants de ce pays, qui étaient connus pour leur engagement sans condition.

 

« Les générations futures ont des droits sur nous »

 

Washington DC, le 23-02-2016

Issa Balla Moussa Sangaré

Un Malien d’aujourd’hui à la quête d’être le Malien d’Antan

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Issa Balla Moussa Sangare
Un Africain, de nationalité malienne et installé aux USA depuis 2009, précisément à Washington DC. Je suis Blogueur, Webactiviste & Panafricaniste d'obédience Modibo Keïta, Kwameh N'krumah et Julius Nyerere. Sur ce blog je parlerai de l’Afrique car je suis très attaché à mon continent d’origine et singulièrement de mon pays natal (le Mali). Je m'appesantirai également quelquefois sur mon pays de résidence (USA) et le vieux continent (l’Europe).

Issa Balla Moussa Sangare

A propos de Issa Balla Moussa Sangare

Un Africain, de nationalité malienne et installé aux USA depuis 2009, précisément à Washington DC. Je suis Blogueur, Webactiviste & Panafricaniste d'obédience Modibo Keïta, Kwameh N'krumah et Julius Nyerere. Sur ce blog je parlerai de l’Afrique car je suis très attaché à mon continent d’origine et singulièrement de mon pays natal (le Mali). Je m'appesantirai également quelquefois sur mon pays de résidence (USA) et le vieux continent (l’Europe).


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2 commentaires sur “Mali: La classe politique pèse trop lourd sur le dos du contribuable malien

  • MDiallo

    Tres cher Issa,

    J’ai Presque eu des frissons en lisant tes ecrits souligant le besoin au Mali d’une « nouvelle espèce de dirigeant qui va servir l’état au lieu de se servir de l’état, qui ne va pas faire la politique pour s’enrichir sur le dos du contribuable malien. Un nouveau citoyen qui ne verra pas l’état comme la seule vache à lait pour s’enrichire de manière licite et illicite. Une nouvelle classe politique qui fera de l’amélioration des conditions de vie du corps professoral, de la blouse blanche et des paysans son combat de tous les jours. Une classe politique qui ne ménagera rien pour l’amélioration des conditions de travail des porteurs d’uniforme, des conditions de vie des veuves militaires. Des dirigeants qui feront la construction et l’équipement des hôpitaux, des écoles, des centres de formations d’alphabétisation les premièrs points de leur agenda à couvrir avant de s’octroyer des avantages colossaux, des gouvernants qui penseront d’abord à l’électrification et l’adduction d’eau potable pour amoindrire la couvée quotidienne de nos mères, de nos sœurs et de nos enfants dans les zones rurales. »

    Wow Issa, quelle analyse eloquente de la situation du cher Mali!!!

    Mais helas, on a malheureusement que le contraire de tout ce qui est decrit dans ton article, nos dirigeant actuels vont jusqu’a creer de toutes pieces des nouvelles loies leur permetant de s’octroyer des sous venant des caisses de l’etat pendant que nos populations meurent de malnutrition, de manque de soins, de manqué d’education etc….

    Comment est-ce qu’un seul individu peut s’octroyer des millions ou milliards pris dans les caisses de l’etat pour sa popre jouissance, ensuite dormire la conscience tranquille sachant tres bien que cette somme pouvait servire a construire des centres de santé et des classes d’ecoles pour nos populations qui manquent de tout?

    Ne voyez vous pas que ces dirigeants maliens sont parmis les pires des criminels qui vivent dans ce monde ici-bas???

    Mon frère Issa tu as tout dis, franchement j’ai du mal a trouver quoi d’autres souligner.

    Mais le probleme de nos jours est que le Malien considere ceux qui raisonnent comme toi (avec un amour enorme pour sa patrie, un sens eleve du devoire – de l’honneure – de la dignite) comme des egoistes ou des aigris ou des reveurs, donc quelque part ce peuple merite ce qui lui arrive, c’est difficle a dire mais il faut le dire.

    A present je n’arretes pas de me demander quelle est cette logique qui a pousse les maliens a elire IBK alors quon n’ignoraient rien de la personalite du gars!

    Certains sont alles jusqu’a nous dire pendant les campagnes que IBK etait le seul candidat capable de stabiliser le Mali qui traversait une crise terrible en son temps, ou en sommes nous aujourdhui?

    Ces memes maliens qui l’ont elus chef de l’etat sont maintenant entrain de se plaindre de sa gestion du pays comme si cela les surprenait, peuvent-ils nous dire qu’ils n’ont pas connu ce monsieur qui diasit a qui veut l’enttendre qu’il est bourgoie et par consequent vivra sa vie de bourgoie bien sure aux frais du contribuable malien?

    Qui ignorait son comportement en tant que premier minister et ensuite president de l’assemblee nationale?

    Les maliens ont voulu de lui comme president du pays malgre qu’il leur ai deja montre son vrai visage pendant des annees successives dans des postes de responsabilites de la nation, il a ete supporte de partout, meme les associations qui se dissent religieuses lui ont donne leur votes, et voila le resultat.

    Le peuple malien a fait un choix sachant bel et bien les consequences potentielles qui pouvaient en resulter, ils n’ont donc qu’a assumer les consequences de leur choix.

    Ce que je vais ajouter va surprendre beaucoup de gens, mais moi je penses qu’il serait tres bien que IBK fasse deux mendats, et que son fils Karim aussi le suive pour deux autres mendats, peut etre qu’a la fin de ces 20 annees de reigne de la famille Keita, le citoyen malien comprendra que nos choix peuvent avoire des consequences graves pour la nation toute entiere.

    peace!

    • Issa Balla Moussa Sangare
      Issa Balla Moussa Sangare Auteur du billet

      Merci M. Diallo pour la contribution.
      Les mentalités des maliens doivent changer, on avait cru que tout ce le Mali et son peuple avaient subit en 2012 allaient être le declique, mais malheureusement, ce fut tout le contraire. C’est que l’homme malien a été complètement détruit, il va falloir lui reconstituer pièce par pièce et pour cela il nous faut des dirigeants qui ont le sens élevé du devoir, des dirigeants dont leur honneur et integrité seront au dessus de tout soupçon mais chose patente, le Mali a un déficit de ce type de learders. Alors que nous savons, que depuis que le monde est monde, ce sont les dirigeants ou les leaders qui façonnent leurs citoyens, et le Mali ne saurait être une exception. La population est l’image de nos gouvernants. Pour clore, je dirai tout sauf un second mandat pour IBK, c’est que jusqu’à present nous ne voyons pas les sequelles de ses derives il nous faut attendre la fin de son mandat pour se rendre compte.