Le Mali étranglé par sa dette extérieure, l’économie malienne asphyxiée par sa dette intérieure

29 avril 2014

Le Mali étranglé par sa dette extérieure, l’économie malienne asphyxiée par sa dette intérieure

Le poids de la dette, crédit photo : lrc-lagauche.be
Le poids de la dette, crédit photo : lrc-lagauche.be

Le Mali va mal et très mal, l’avenir apparaît obscur, est-ce que le Mali saura se relever ?  Le temps nous l’édifiera. Le Mali aujourd’hui est sous perfusion internationale, et pourtant Modibo Keita notre premier président nous avait dit que « notre liberté serait un mot vide de sens, si nous devions toujours dépendre financièrement de tel ou de tel pays. »

Le Mali étranglé par sa dette extérieure

Il y a deux manières d’asservir et de conquérir une Nation : « L’une est par l’épée, l’autre par la dette » dixit John Adams le deuxième président des Etats-Unis d’Amérique. Si cette pensée se révèle vraie c’est que  mon pays, le Mali est déjà étouffé par la dette. La dette extérieure du Mali s’élevait au 31 décembre 2013 à 3.349 billion de dollars soit  1.584.943.868.595,96 F Cfa. Oui ce chiffre peut te sembler surréel, il donne le vertige, mais je ne vous raconte pas une histoire,  il suffit de jeter un coup sur le site www.cia.gov de la CIA (Central Intelligence Agency). Un fait très dommageable pour l’avenir des milliers d’enfants maliens qui auront la lourde tâche de payer le principal et les intérêts de ces dettes jusqu’au denier centime d’une manière ou une autre. Il faut reconnaître, qu’il n’est pas aisé pour un paisible citoyen lambda de grandir tout en sachant que son avenir est hypothéqué, que ces deux mains sont scellées à vie.

Le pire c’est que  ce système d’endettement suicidaire continue son bonhomme de chemin dans mon pays le Mali et presque dans tous les autres pays francophones d’Afrique.

L’économie malienne asphyxiée par sa dette intérieure

Selon Tiébilé Dramé, président du Parena (Parti pour la renaissance nationale), la dette intérieure cumulée du Mali s’élève à plus de 1 000 milliards de F Cfa.

Que ce qu’une dette intérieure ? C’est l’argent que le Trésor public doit aux fournisseurs de l’Etat qui sont très généralement les opérateurs économiques, les banques locales de la place, les entreprises etc. Comment l’économie nationale peut tourner étant donné que c’est cet Etat même qui en train de tuer à petit feu ses fournisseurs ? Comment une entreprise pourra créer de l’emploi, investir dans divers domaines alors que  l’Etat lui doit des dizaines de milliards ? Comment une banque locale pourra donner plus de crédits aux particuliers et aux opérateurs économiques étant donné qu’elle attend le paiement des arriérés qui avoisine des dizaines de milliards de F Cfa ? Comment un opérateur économique pourra exporter et importer plus de marchandises au moment ou l’Etat est en train d’avaler son fonds de roulement ?

L’Etat malien pitié pour ta population

Malgré la conjoncture actuelle et tous ces endettements, l’Etat continue avec ses dépenses publiques ostentatoires.  Lorsque je dis que c’est inopportun de payer un avion pour un coût total de 20 milliards de F Cfa, on peut me répond qu’un  Etat est vu et respecté par le monde entier à travers son président de la République, et qu’on doit soigner l’image du mali.

Un pays classé parmi les pays pauvres et très endettés (PPTE),  un pays classé 182e sur 187 dans l’indice de développement humain du PNUD (2012). C’est dans mon pays pendant les week-ends à quatre heures du matin devant une boite de nuit tu rencontres des jeunes mendiants âgés de 10 à 15 ans. C’est dans mon pays à six heures du matin pendant les jours ouvrables tu croises les femmes âgées de 25 à 40 ans avec leurs enfants dans le dos en train de mendier dans les grands ronds-points de la capitale malienne. C’est également dans mon pays,  même à cinq heures du matin tu peux croiser dans les grandes artères de la ville de Bamako des vieilles femmes âgées de 50 à 60 ans en train de mendier.

Après un accident de moto, un jeune frère du nom de Boubacar Sangaré mondoblogueur , journaliste et Etudiant l’université de Bamako décida de prendre la plume en nous relatant sa vie.  Sur la scène de l’accident, la foule qui lui regardait en train d’éponger le sang qui coulait de son bras et de son genou, lui conseillait de se rendre à l’hôpital sans attendre. Il dit qu’il n’a pas pu s’empêcher de penser : « Vous ne pouvez pas comprendre… »

Ils ne peuvent vraiment pas comprendre que j’appartiens à la grande masse de ceux qui vivent au jour le jour. On peut ne pas me croire, mais je viens d’un milieu nécessiteux, pour lequel il n’y a pas d’autre choix que de payer une plaquette de paracétamol à 100 F Cfa chez le boutiquier du coin, quelle que soit la maladie ou la douleur. Impossible de se payer le luxe de l’hôpital où on vous accueillera avec une ordonnance dont le montant brouille la vue. Oui, pour moi, aller à l’hôpital est un luxe. L’hôpital et la pharmacie n’existent pas pour moi, ou, plus exactement, n’ont aucune raison d’exister. Ma colère peut paraitre ridicule à certains, mais elle vaut ce qu’elle vaut. Combien d’accidentés de la circulation routière sont transportés en urgence à l’hôpital et y rendent l’âme parce qu’ils n’ont pas de quoi payer les premiers soins ? Combien de Maliens voient leur père, mère ou leur fils mourir ainsi ? Combien de Maliens sont renvoyés de nos hôpitaux publics faute de place? Fin de citation.

Le jour qu’on pourra, je ne dirai pas, finir mais atténuer ces problèmes énumérés ci-haut, mais ce jour on pourra se vanter de changer l’image de notre Mali.

 

Vos suggestions et critiques sont les bienvenues.

« Nos descendants ont des droits sur nous »

29-04-2014

Issa B.M. Sangaré

 

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Commentaires

bouba68
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bon billet

baba
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Quant on parle de l'avion d'autres parlent de la souveraineté un pays qui ne mange que dans les mains des autres, et qui n'est pas à mesure de défendre sa propre sécurité, en quoi est il souverain ? Bon article au passage mais que j'aurai souhaité un peu plus long ou avec une suite qui nous détaille pourquoi l'Etat malien est'il si budgetivore, et comment faire la repartition des dépenses publiques actuelles

Issa Balla Moussa Sangare
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Merci pour la contribution.
J'ai pris acte.